Les Métiers du Social

Ni Don Quichotte, ni Robin des Bois, le travailleur social ne s’attaque à aucun moulin à vent ! Le métier prend en charge des problèmes bien réels et parfois dramatiques. Il éduque également.

Agent de médiation

L’agent de médiation est un spécialiste de l’intervention sociale sur le terrain. Il intervient en permanence ou de façon préventive lorsqu’un conflit menace dans un espace public ou privé : voies publiques, quartiers, centres commerciaux, transports en commun. Favoriser le dialogue entre les parties en conflit et servir d’interface entre publics ou usagers et institutions constituent l’essentiel de ses moyens d’intervention.

Description des tâches / conditions de travail

L’agent de médiation assure d’abord une présence. Il crée une ambiance propice aux relations entre individus ou groupes et favorise ainsi la sécurité de tous. Il circule le plus souvent en binôme et déambule au contact immédiat des usagers d’un service public ou des clients dans une galerie marchande, par exemple.

En médiation préventive, il doit savoir discerner les signes annonciateurs d’un conflit, enclencher un contact verbal avec les personnes concernées. Au quotidien, il entretient par son comportement un climat positif. En situation de conflit ou d’incident, il désamorce la tension par la parole et la gestuelle, calme les protagonistes, leur adresse un message clair et convaincant. En cas de besoin il doit assurer sa propre sécurité et celle de son équipe, et passer le relais au service de sécurité compétent. L’agent participe aussi à des actions ponctuelles de promotion de la médiation sociale. Il doit savoir présenter ses missions, celles de sa structure (mairie, école, association, service de sécurité, club…) et les services qu’elle propose.

L’agent de médiation rend compte tous les jours de son activité à son responsable, oralement ou par écrit. Ses horaires sont variables en fonction du terrain, des circonstances et de l’organisme qui l’emploie. Des missions de nuit ou le week-end ne sont pas rares.

Il travaille en équipe, dans des situations difficiles et stressantes. Parfois confronté à la violence, il doit faire preuve de calme et d’une grande maîtrise de soi. Ses déplacements locaux (commune et quartier) sont constants, car il doit se montrer. Il est placé sous la responsabilité d’un dirigeant d’association, d’institution ou d’un fonctionnaire de police. Le port d’un uniforme est parfois de rigueur. Son statut de salarié dépend de la nature de la collectivité ou de l’entreprise pour laquelle il opère.

Salaires / revenus

Le salaire d’un agent de médiation est fonction de la nature de l’organisme qui l’emploie. Pour un débutant la fourchette de rémunération à l’embauche est comprise entre le Smic et 1 600 € mensuelle (brut).

Evolution professionnelle

Au cours de sa carrière l’agent de médiation peut évoluer dans les services qui l’emploie : Education nationale, gendarmerie, police nationale. Il doit passer des concours C ou B. Dans le privé il peut accéder à des responsabilités au sein d’associations de prévention.

Etudes / formations

Il existe peu de formations et de diplômes spécifiques préparant à ce métier.

Citons malgré tout 3 diplômes d’Etat qui peuvent constituer une première sensibilisation :
– un CAP agent de prévention et de médiation,
– un CAP agent de prévention et de sécurité,
– un bac pro métiers de la sécurité, option police nationale,
– un bac pro service de proximité et vie sociale.

Par ailleurs, l’AFPA a créé des certificats de compétences professionnelles (CCP) correspondant aux missions de ce métier : médiation préventive, médiation en situation de conflit, action ponctuelle de médiation sociale.

A savoir : l’acquisition de notions de secourisme est indispensable.

Animateur socioculturel

Fêtes de quartier, animations en MJC ou en maison de retraite… L´animateur socioculturel facilite l´expression et la créativité des individus pour favoriser leur socialisation. En tant que conseiller, il informe aussi sur les dispositifs d´aide existants.

Description des tâches / conditions de travail

Les missions de l´animateur socioculturel sont multiples.

Il peut, selon son niveau de qualification, concevoir et monter un projet, en négocier le financement avec la région, le département, la commune ou encore organiser des rencontres entre les habitants d’un quartier. Dans certaines situations conflictuelles, il peut avoir à jouer un rôle de négociateur non négligeable entre groupes ou individus.

Il peut également informer sur les mesures sociales telles que le RMI, participer à l´alphabétisation, conseiller les personnes en difficulté et les diriger vers d´autres travailleurs sociaux.

Il exerce dans des centres culturels, des centres sociaux, des foyers de jeunes, des maisons de jeunes et de la culture (MJC), des foyers de travailleurs, des maisons familiales, des villages de vacances, des clubs du 3e âge…

La fonction publique représente un employeur important. Un animateur sur deux est employé par les collectivités locales qui recrutent des professionnels de l’animation à tous les niveaux de qualification.

Salaires / revenus

Les conventions collectives des collectivités territoriales fixent des salaires mensuels qui vont de 1 700 € à 2 600 € environ, selon l´ancienneté dans la profession.

Dans la fonction publique hospitalière, les salaires sont compris entre 1500 et 2500 € mensuels sans les primes.

Evolution professionnelle

Les animateurs peuvent préparer le DSTS (diplôme supérieur en travail social) après 5 années de pratique professionnelle.

Par la suite ils peuvent également viser le DE-DPAD (diplôme d´Etat de directeur de projet d´animation et de développement). Ce diplôme, de niveau bac + 4, atteste d´une qualification professionnelle pour la conception, la mise en œuvre et de la gestion des politiques d´animation et de développement menées par les structures sportives, sociales ou culturelles.

Etudes / formations

Les 4 premiers diplômes cités sont délivrés par le ministère de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative :
– Le BAPAAT, brevet d´aptitude professionnelle d´assistant animateur technicien, comprend 3 options : loisirs du jeune et de l´enfant, loisirs tous publics dans les sites et structures d´accueil collectif, loisirs de pleine nature. C’est le premier niveau de qualification pour l’animation.
– Le BPJEPS, brevet professionnel de la Jeunesse, de l´Education populaire et du Sport se prépare en alternance sur le terrain et dans un centre de formation (il a remplacé le BEATEP).
– Le DEJEPS, (niveau bac + 2) et le DESJEPS (niveau bac + 3) diplômes d´Etat de la Jeunesse et Sports permettent de diriger une structure.
Pour en savoir plus sur ces formations et les organismes qui assurent leur préparation, contactez la direction départementale de la Jeunesse et des Sports (DDJS) dont relève votre domicile.
– Le DUT carrières sociales, option animation sociale et socioculturelle, est le seul diplôme de l’animation à se préparer en formation initiale. Ce DUT se prépare en deux ans dans un IUT. Pour y accéder il faut être titulaire du baccalauréat.

Auxiliaire de vie sociale

L’auxiliaire de vie apporte son aide aux personnes fragilisées, dépendantes, ayant des difficultés passagères dues à l’âge, à une maladie, à un handicap ou à des difficultés sociales. Elle les aide dans leur vie quotidienne lors d’un maintien à domicile. Elle favorise l’autonomie des personnes, leur insertion sociale et la lutte contre l’exclusion.

Description des tâches / conditions de travail

L’auxiliaire de vie aide les personnes malades, handicapées ou fragilisées, très dépendantes pour accomplir les actes de la vie ordinaire. Elle est présente pour faciliter le lever, le coucher, la toilette, les soins d’hygiène (à l’exclusion des soins infirmiers). Elle apporte son soutien au moment de l’appareillage des personnes handicapées. Elle assure la préparation et la prise des repas, les travaux ménagers. Elle prend en charge les démarches administratives, les sorties, les courses, etc.

En général, elle n´intervient que quelques heures par jour, aux moments qui exigent sa présence. Par sa présence régulière, elle apporte soutien et réconfort. Ses modalités d’intervention sont décidées au cas par cas, en fonction du degré de dépendance de la personne aidée.

L’auxiliaire de vie peut devoir travailler très tôt dans la journée (6 h 30) ou très tard (22 h), ainsi que les week-ends et les jours fériés. Elle travaille au sein d’une équipe pluridisciplinaire. Elle est tenue de respecter les décisions prises par le personnel soignant.

Les auxiliaires de vie sont en majorité employées par des associations à but non lucratif, régies par la loi de 1901 et regroupées en fédérations : caisses d´allocations familiales, centres communaux d´action sociale, caisses des mutualités sociales agricoles…

La plupart des auxiliaires de vie exercent à temps partiel.

Salaires / revenus

Le salaire d’un auxiliaire de vie varie du SMIC à 1700 € (statut de la fonction publique territoriale) et de 1200 à 1400 € (convention collective de l’aide à domicile en milieu rural). Pour les personnes qui travaillent à temps partiel, la rémunération s’effectue à l’heure, sur la base du SMIC horaire.

Evolution professionnelle

Mal reconnue jusqu’à présent, la profession voit son statut et ses conditions de travail s’améliorer. La demande toujours plus importante concernant ce type de service est liée au vieillissement de la population. Et les besoins ne peuvent que s´accroître à l´avenir.

Etudes / formations

Les diplôme d´auxiliaire de vie sociale (DEAVS) constitue le premier niveau de qualification de la filière préparant aux métiers de l’aide à domicile.

Les candidats doivent être âgés de 18 ans au moment de l’entrée en formation. La formation a lieu en alternance et s’organise sur une période de 9 à 36 mois. Elle est dispensée par des établissements publics et privés agréés.
Les titulaires de l´ancien CAFAD (certificat d’aptitude aux fonctions d’aide à domicile) sont titulaires de droit de ce nouveau diplôme.
Les personnes titulaires d’autres diplômes du secteur social peuvent bénéficier d’équivalences dans le cadre de la validation des acquis de l´expérience (VAE).
– mention complémentaire (MC) d’aide à domicile,
– CAP agent de prévention et de médiation,
– BEP carrières sanitaires et sociales,
– Bac pro service de proximité et vie sociale,
– BTS économie sociale et familiale.

Conseiller en économie sociale et familiale

Le conseiller en économie sociale familiale a pour objectif d’aider les adultes à résoudre leurs problèmes de vie quotidienne. Individuelle et collective, son action passe par l’information, le conseil et la formation.

Description des tâches / conditions de travail

Le conseiller en économie sociale familiale travaille avec d’autres travailleurs sociaux tels que les assistantes sociales et les éducateurs. Toute son activité vise à soutenir des personnes ou des familles qui ne parviennent plus à se débrouiller seules. Il contribue ainsi à prévenir les risques d’exclusion sociale.
Il aide les individus, les familles et les groupes à retrouver une autonomie et un équilibre de vie. Il leur apprend à gérer leur budget, à l’équilibrer et à prévoir les dépenses. Il peut intervenir auprès de commissions de surendettement ou dans les cas de factures et de loyers impayés afin d’obtenir des délais de paiement et un échéancier de remboursements.

En matière de santé, d’éducation, il apporte ses connaissances et ses conseils. Il accompagne les personnes dans leurs démarches auprès des administrations dont ils peuvent obtenir une aide.
En matière d’habitat, le conseiller en économie sociale familiale peut obtenir l’attribution d’un logement social ou le maintien de personnes dans leur logement. Il informe les individus de leurs droits et également des règles de vie à respecter.

Il intervient auprès des bénéficiaires du revenu minimum d’insertion (RMI) afin de briser leur isolement et d’améliorer leurs conditions de vie. Son rôle d’information et de médiation est essentiel dans l’aide à la recherche d’emploi.

Il organise des activités collectives dont l’objectif est de dynamiser les quartiers. Il incite ainsi les populations à participer aux décisions les concernant.
Le conseiller en économie sociale et familiale travaille pour les services sociaux des collectivités locales, les caisses de sécurité sociale, les caisses d’allocations familiales, les hôpitaux, les associations d’aide à domicile. Ce métier exige un gros investissement personnel.

Salaires / revenus

Le salaire brut en début de carrière d’un conseiller en économie sociale familiale est de l’ordre de 1500€ dans la fonction publique, 1700€ dans le privé, 2000€ dans les caisses d’allocations familiales.

Evolution professionnelle

Après quelques années d’expérience, le conseiller en économie sociale familiale peut accéder à des postes de responsable de circonscription d’action sociale ou de conseiller technique dans la fonction publique territoriale. Il peut aussi s’orienter vers les formations de délégué à la tutelle, aux prestations sociales, ou d’assistant de service social.

Etudes / formations

Le BTS en économie sociale familiale en 2 ans à partir d’un bac, puis le diplôme de conseiller en un an permettent l’accès à ce métier. Une sélection a lieu à l’entrée en BTS et en année de préparation au diplôme de conseiller.
Auparavant un bac professionnel services de proximité et vie locale, ou un bac pro services en milieu rural, ou bien un bac technologique sciences médico-sociales constituent une bonne entrée en matière pour faire face aux questions qu’aura à traiter ce conseiller.
La possession du nouveau BTS services et prestations des secteurs sanitaires et social prépare bien à des responsabilités dans les organismes sociaux.

Directeur d’établissement médical

Les directeurs d´établissements sanitaires et sociaux appartiennent à la fonction publique hospitalière (catégorie A). Ils exercent leurs fonction dans les établissements publics de santé.

Description des tâches / conditions de travail

Le directeur d’établissement sanitaire et social (DESS) assume, en liaison avec le conseil d’administration, la responsabilité générale du bon fonctionnement de l’établissement. Il dirige un établissement public de santé ou un établissement d’hébergement pour personnes âgées de moins de 250 lits ne comportant pas de services de chirurgie, d´obstétrique ou d´hospitalisation sous contrainte.

Le directeur assure trois fonctions principales au sein de l’établissement dont il a la responsabilité :
Une fonction de gestionnaire du personnel et gestionnaire financier (budget de l’établissement) et économique (achats, maintenance des équipements,…)
Il s’occupe de définir les stratégies d’avenir de l’établissement, il élabore et coordonne la mise en œuvre de projets.
Il assure enfin une fonction de communication. Le directeur d’établissement sanitaire et social est le représentant institutionnel de l’établissement.

Salaires / revenus

Le DESS (fonctionnaire de catégorie) gagne en moyenne entre 2 600 € et 3 800 € brut par mois. Plus primes de services et logement de fonction.

Evolution professionnelle

Le DESS peut devenir, après ancienneté et concours interne, directeur d´hôpital public de plus de 250 lits. Il peut aussi exercer dans le secteur privé.

Etudes / formations

Les DESS sont recrutés sur concours et sont nommés par arrêté ministériel.
Le concours de directeur d’établissement sanitaire et social conditionne l’accès à l’École des hautes études de santé publique (EHESP). Il existe deux concours : l’un externe, l’autre interne. Comme pour la plupart des concours, il faut être de nationalité française, jouir de ses droits civiques, être en position régulière au regard du service national, remplir les conditions d’aptitude physique exigées, être âgé de 45 ans au plus au 1er janvier de l’année du concours.

Pour le concours externe, il faut être au minimum, titulaire d’une licence de préférence juridique ou économique, être diplômé d’IEP ou être docteur en pharmacie, médecine ou être vétérinaire. Le concours est aussi ouvert aux personnes ayant satisfait à l’examen de sortie de certaines écoles : HEC, écoles d’ingénieurs, ENS….
Pour le concours interne, il faut être fonctionnaire ou agent de l’État ou de la fonction publique hospitalière et justifier de deux à quatre ans de services publics. Les concours comprennent des épreuves écrites d’admissibilité et des épreuves orales d’admission. Après réussite au concours, la formation se déroule sur 24 mois, en alternance. La rémunération lors de la formation est d’environ 1 550 € net par mois. Les dossiers de candidature sont à demander au ministère de la Santé ou dans les directions régionales de l’action sanitaire et sociale (DRASS).